 P Eudeline |  | Patrick Eudeline, sans qui la critique rock française ne serait rien - ou presque -, sort ce mois-ci un album fort attendu (Mauvaise étoile) et dont on se fait l'infini écho entre initiés. Car, il est certain, ce nouvel album est à la hauteur des plus folles espérances, mais aussi de tous les théorèmes que l'Eudeline s'est évertué à échafauder depuis près de trente ans, dans la presse (Best, Rock'n'Folk...) ou même dans ces romans fulgurants. Lesquels théorèmes, cinglants comme la foudre et véritables manifestes de la chose rock, posèrent les bases du punk français à la fin des seventies. A la même époque, Eudeline se mit à braver les planches pour brailler des paroles crachées comme du venin (Poly magoo) avec son groupe Asphalt Jungle, gloire nationale et précurseur du genre ici.
Ses livres n'en sont pas moins acerbes et portent un regard juste et froid sur les démons de notre société, ses tenants et aboutissants, au travers d'histoires d'amours mortes ou improbables, de drogues dures, de chutes et rechutes, de sexe outrancier, de virées noctambules dans les quartiers misérables de Paris... et de morgue. Oui, toutes ces fleurs du mal qui nous érodent et nous tourmentent...
Malgré les outrages du temps, le bonhomme ne flétrit pas, bien au contraire. Dandy décadent, au moins beau comme Bowie tel que le disait la fameuse ritournelle, et à l'éternel corps d'adolescent, Eudeline fait figure d'ovni, perpétuant le fameux mythe d'Oscar Wilde et son pimpant Dorian Gray. Chaque mois, ses textes acérés et mordants font le délice des lecteurs de Rock'n'Folk. Patrick Eudeline, en gentleman exquis, tout sauf hâbleur, répond au fameux questionnaire...
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